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Vivre avec l’absence de l’être imaginé (épisode 1 : comment faire face aux bons sentiments de l’entourage ?)

22 décembre 2010

Je ne vois plus que ça : des femmes enceintes dans la rue, la copine qui vient d’accoucher et la cousine qui m’annonce qu’elle est enceinte… Même la publicité pour ce test de grossesse, « cette haute technologie où l’on fait pipi dessus ! », me donne envie de commettre un meurtre à l’encontre du téléviseur.

C’est comme si la terre entière s’acharne sur mon malheur. J’ai envie de m’isoler. A ce chagrin s’ajoute la peur de l’avenir : « Est ce qu’un jour nous pourrons avoir un enfant ? ».

Il s’agit d’un cheminement individuel, mais l’entourage et l’accompagnement qu’il peut proposer permet bien souvent d’avancer.

En effet, n’en déplaise à certains, c’est un deuil légitime pour lequel j’ai besoin d’avoir la reconnaissance de mes proches. Pas le deuil de quelques cellules, d’un œuf, ou d’un embryon, mais le deuil d’un enfant conçu et vivant dans notre imaginaire.

Dans mon entourage, je me confronte parfois au silence qui me laisse penser à tort que la situation laisse indifférent. Ou pire encore, je dois faire face à la maladresse :

« Oh tu sais ce qu’on dit : un de perdu, dix de retrouver ! »

Pas facile pour les proches de trouver les mots justes face à une douleur si personnelle, si intime. On crève d’envie de consoler, de rassurer les personnes que l’on aime, mais comment ?

Pour ma part, je ne veux pas être consolée, je ne veux pas entendre des « tu oublieras vite » ou des « d’autres sont passés par là ». Je ne veux pas oublier et je ne suis pas les autres !

Laissez-moi juste libre de pleurer et de parler autant que j’en ai besoin. J’ai besoin d’entendre :

« Si tu souhaites en parler, sache que je suis toujours là pour t’écouter. C’est une épreuve qui doit être lourde à porter alors si tu as besoin de moi pour quoi que ce soit, demande-le moi, je suis disponible pour toi. »

Certains de mes proches l’ont compris et me l’ont dit, cette phrase magique. Aussi étrange que cela puisse paraître, je n’ai pas éprouvé le besoin de saisir la perche tendue finalement. Cette phrase m’a suffit : ma douleur est reconnue, et cela me met en paix.

Je laisse maintenant le temps calmer la tristesse.

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